Colombiers, vue aérienne

A quelques encablures du Canal du Midi, l’église Saint-Sylvestre et Sainte-Colombe est classifiée de style roman. La première trace d'un lieu de culte date de l'époque paléochrétienne dont le plus beau vestige est l'autel wisigothique, classé monument historique. Et c'est à partir de cet autel, réinstallé dans l'église, que l’on peut affirmer qu’elle a traversé trois périodes : wisigothique, romane et moderne, sans jamais être délaissée en tant que lieu de prières.

Un premier lieu de culte a été bâti sur la butte proche de l’antique chemin de terre qui précéda la Voie Domitienne, toute proche. Sa date d’implantation précise est inconnue mais on la suppose de l’époque paléochrétienne.

L’église Saint-Sylvestre et Sainte-Colombe a subi de nombreux remaniements, notamment au XIXème siècle où elle a été parée d'abondants ornements, signes de richesse pour cette époque. Mais c'est en 1987, sous l’impulsion passionnée du Père Itié, prêtre de la paroisse et amoureux du village, avec la participation de la municipalité et celle de bénévoles, qu’a été dégagé l'édifice de ses multiples ajouts pour lui redonner la simplicité et l'unité d'un lieu propice à la méditation.

Les fouilles de l’antique cimetière ont mis à jour plusieurs tombes à lauze et des sarcophages dont le mieux conservé, dit à acrotères, est exposé au fond de l’église.

La partie romane de l’édifice est représentée, principalement, dans l’abside située à l’est comme il se doit, implantée sur l’abside primitive : en pierres blondes, elle est admirable et mérite d’être vu « côté cour », à l’arrière de l’église. L’abside est percée de trois ouvertures dites oculi, toutes remaniées. On peut observer une seule absidiole : la fragilité du terrain a-t-elle empêché la construction d’une deuxième ? La présence d’un contrefort le laisse supposer.

Au XVIIe siècle, un clocher très haut, surmonté d’une flèche, de plus de trois mètres inquiète par sa fragilité. En 1782 des réparations s’avèrent nécessaires et sont réalisées par un maçon qui a inscrit son nom dans un cartouche ceint de pierres noires : maître Cardos, de Nissan. En 1855, la foudre y met le feu, mobilisant la population. C’est alors que l’on supprime la flèche recouverte de belles terres cuites et on ramène l’ensemble à un aspect plus modeste.

En 1868, l’église est agrandie car jugée trop réduite pour l’époque. On repousse les murs sans respecter l’ancienne construction et on décore à la fresque. On pose les vitraux en faisant appel au maître verrier Gesta de Toulouse. Les vitraux sont splendides mais le plus remarquable de tous est bien la grande rosace à cinq lobes avec la Vierge à la chaise d’après Raphaël. Quant à celui, central, de l’abside qui date de 1992, il y figure une colombe dédiée à sainte Colombe, le symbole de l’église.

Parmi le mobilier présent dans l’enceinte, certains sont assez remarquables comme la Croix St-Sylvestre, les fonts baptismaux médiévaux ou encore, dans la chapelle nord, une belle vierge en marbre blanc du XVIIIe.

L’église Saint-Sylvestre et Sainte-Colombe n’est pas seulement un lieu de recueillement ou de culte, mais aussi une histoire de construction, un lieu apaisé…