L’été, dans tous les sens… 

La belle saison, malgré l’écrasante chaleur des ses journées, est pour le naturaliste comme un manège des sens. Le bruit d’abord, avec cet insecte chantant tout l’été qu’il en devient presque agaçant… mais si l’on tend l’oreille ce chant s’avère finalement être multiple, varié et de fait, reconnaissable. L’observation ensuite, furtive ou prolongée de certains oiseaux migrateurs aux plumages multicolores enchante l’œil. C’est sans compter sur l’aspect « exotique » de ces nouveaux reptiles qui nous laisse un sentiment partagé : « je touche ou je ne touche pas !? ». Seule une main délicate et experte saura apprécier la texture de leur peau. Voir l’invisible et entendre l’inaudible, c’est possible ! L’été est la saison idéale pour faire crépiter les détecteurs à ultra-sons et ainsi capter le passage nocturne d’un mammifère volant… Pour finir, c’est avec le parfum des plantes aromatiques que le nez et la bouche s’activent de milles et une façons…

Quelque soit la période de l’année, le naturaliste sait faire usage de tous ses sens pour largement apprécier le monde qui l’entoure. Glissez-vous dans ses chaussures le temps d'une balade ! 

Etre à la taille d’un Guêpier d’Europe…

Pour être à la hauteur d’un tel oiseau, il faut être capable de traverser, à la fin de l’été, la Méditerranée par le détroit de Gibraltar jusqu’en Afrique du Sud et puis d’en revenir au printemps suivant. Il faut aussi savoir creuser, dans les hautes berges d’un cours d’eau, une galerie profonde pour y déposer ses œufs et élever sa progéniture. Il ne faut surtout pas rechigner à se nourrir en plein vol, de guêpes, d’abeilles, de frelons ou d’autres hyménoptères. Même si au passage une bonne libellule fera l’affaire…

Pour être à la hauteur de ce Guêpier d'Europe et paraître aux yeux du reste de l’avifaune locale, il faut porter ce plumage chatoyant et chamarré d’une dizaine de couleurs, qui le rend si reconnaissable et fait toute sa superbe !

Et désormais, au grès du changement climatique, il faut même oser s’aventurer plus au nord de son aire de répartition et trouver de quoi s’y installer, apportant ainsi une touche d’exotisme dans la nature environnante...

Cigale m'était comptée...

Ah, l’insouciance du temps des cigales…

Oui mais, soyez quand même bien attentifs à ce que vous venez de lire ! Nous parlons bien des cigales. En effet sous le nom générique de cet insecte emblématique de la nature méditerranéenne et de la famille des Cicadidae, se cache en réalité plusieurs espèces bien distinctes.

De la très commune Cigale plébéienne (Lirystes plebejus) à la plus discrète Cigale pygmée (Tettigetta pygmaea) qui cela dit n’est pas vraiment la plus petite, il n’y a pas moins de 16 espèces présentes en région méditerranéenne dont 3 endémiques à la Corse. Alors me direz-vous comment faire pour les reconnaître, les différencier !?

Outre l’observation des critères de tailles et de colorations, laissez-vous par exemple, bercer par les fréquences de leurs vibrantes cymbalisations…ou pour faire plus simple, écoutez les, elles ont toutes un chant différent.

Fille Chien

Gecko, un petit nouveau !

Lézarder au soleil ! Une expression qui, si tout le monde la connaît, risque néanmoins de disparaître de notre langage…

En effet aux faveurs du changement climatique et de la hausse des températures, un autre reptile se cache aujourd’hui sous les tuiles de nos toits.

La Tarente de Maurétanie (Tarentola mauritinica) fréquemment appelée gecko, a progressivement pris la place de nos bons vieux Lézards des murailles (Podarcis muralis).

Présente historiquement sur la bordure méditerranéenne, elle a aujourd’hui très largement agrandi son aire de répartition, amis Grenoblois ouvrez l’œil... Active de nuit, elle se nourrit essentiellement d’insectes.

Son aspect épineux et très exotique, pourrait vous donner l’envie de vous en faire un nouvel animal de compagnie mais comme tous les reptiles, sachez que cette espèce est entièrement protégée.

Il est peut être venu le temps de « Geckoter au soleil »…ne croyez-vous pas !?

Paysage Orpellières - Canal du Midi - Sandra Bérénice Michel (4)

Une membrane en guise d’aile…

Sous un pont franchissant le Canal, dans le creux de l’un des vieux platanes longeant le chemin de halage, à l’arrière d’un volet resté ouvert comme celui d’une maison éclusière, autant de gîtes diurnes pour un mammifère bien particulier, le seul réellement capable de voler et drôlement nommé chauve-souris. Cela dit en langue d’Oc ce n’est pas franchement mieux : « ratapenada », roulez le « r » et prononcez le « a » final « o »… « rrrratapenado ». À la fin du mois d’Août, une manifestation nationale « La nuit de la chauve-souris » vous invite à suivre des spécialistes (chiroptologues) pour partir à la rencontre des Pipistrelles, des Rhinolophes ou encore des Murins…Ces animaux protégés qui volent littéralement avec leurs mains nous en donnent un vrai en ôtant silencieusement bon nombre de moustiques de nos soirées estivales…Qu’ils en soient ici remerciés !

Mille et un Thyms…

Thymus vulgaris de son nom scientifique, Frigola de son nom Occitan, Farigoule ou Farigoulette pour la « francisation » de ce dernier, que de Thyms mon Dieu, que de Thyms ! Mais en réalité, il n’en reste pas moins le même, l’unique Thym commun pour son appellation Française. Pourquoi parler de multitude alors !? C’est voyez vous plus complexe que cela. Les mille et un secrets de cette plante se cachent dans ses vertus médicinales ou pour être plus précis dans la composition chimique de ses principes actifs, on parle alors de chémotypes. Nous avons par exemple le Thym à thymol réputé pour la fatigue générale, le Thym à géraniol lui, est un antifongique très efficace. Le Thym à linalol a des effets vermifuges… Le Thym est d’ailleurs officiellement reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé pour l’ensemble de ces propriétés. Cela dit si l’abus de tisane de Thym ne vous fera aucun mal, il est par contre préférable, pour son huile essentielle, de consulter un spécialiste.