Automne, ô renouveau !

L’automne, coincé entre deux saisons délicates pour observer la nature, est perçu par le naturaliste comme un second printemps. Après les écrasantes chaleurs estivales, la température s’allège et la vie sauvage en profite pour « prendre l’air ». Il est alors agréable d’attendre la tombée de la nuit pour apercevoir le va et vient des mammifères nocturnes. De jour, les jumelles s’activent lors du rassemblement de ces jeunes oiseaux prêts pour accomplir leur première migration guidés par les anciens plus expérimentés. Pourtant la nature méditerranéenne leur propose toujours de goûter à ses bons fruits sauvages encore gorgés de soleil. Malgré tout certains arbres se dénudent peu à peu laissant alors entrevoir l’oiseau discret et presque invisible en d’autres circonstances…Cela dit, soyons vigilants au retour de la pluie qui entraine avec elle tous ces amphibies qui, marchant et bondissant, ne se soucient guère de regarder à droite ou à gauche avant de traverser ! Oui mais est ce réellement leur faute ?

Chers naturalistes en herbe, soyez-en assurés l'automne aura de quoi vous surprendre. Alors ouvrez bien l'oeil ! 

Un roux bien de chez nous !

Sciurus vulgaris, c’est son nom latin. En français nous l’appelons l’Ecureuil roux. Cela dit, il faut préciser qu’il s’agit en réalité de l’Ecureuil roux d’Europe ! Oui parce que les autres, ceux d’Amérique du nord par exemple sont gris, et qu’avec le roux le mélange des couleurs ne se fait pas comme dans la cabane du pêcheur… L’Ecureuil gris, Sciurus carolinensis, est porteur sain d’un virus fatal pour son cousin. Il est également responsable de l’écorçage de plusieurs essences d’arbres, vivants, impactant ainsi fortement l’économie forestière notamment en Angleterre et en Italie où il est déjà bien présent. Considéré comme invasif en Europe par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, son arrivée en France par le nord de l’Italie est envisagée d’ici peu. Alors si au cours de vos balades vous croisez un esquirol* un peu « différent » n’hésitez pas à le faire savoir en vous connectant au site internet dédié : www.ecureuils.mnhn.fr

*écureuil en Occitan

Ecureuil
Ecureuil
Jeune Hirondelle rustique
Jeune Hirondelle rustique

Une vie d'Hirondelle : de la vase au grand voyage…

Rappelez-vous : « Colchiques dans les près, c’est la fin de l’été ». Seraient-elles les seules à nous indiquer l’arrivée de l’automne ? Bien sûr que non ! Les Hirondelles qui « fleurissent » sur les fils électriques nous l’annoncent aussi à leur manière. L’Hirondelle rustique (Hirundo rustica) arbore une gorge de couleur rouille et une queue nettement fourchue. Plus petite que sa cousine, l’Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum) se reconnaît aisément à son croupion blanc.

Toutes deux après avoir séjourné chez nous et assuré leurs descendances repartent pour un long voyage jusqu’au sud de l’Afrique. Ce sera pour un temps leur zone d’hivernage. Et dire que les premiers naturalistes expliquaient cette « disparition » par la soi-disant capacité des Hirondelles à s’envaser pour résister à la mauvaise saison. Ce n’est qu’un siècle après Pierre Paul Riquet, que le Comte de Buffon évoqua enfin la migration des oiseaux et réfuta cette théorie.

Crapauducs et vitesse modérée…

L’automne en région méditerranéenne rime avec le retour des pluies. Bien sûr tout le monde sait que : « Quand il mouille c’est la fête à la grenouille… ». Mais en réalité ce sont tous les amphibiens qui en profitent. Ces animaux capables de vivre à la fois dans l’eau et à l’air libre comme les salamandres, les rainettes ou autres crapauds. Si dans l’humidité relative de leur petite mare ils ne risquent pas grand-chose, il n’en est pas de même lorsqu’ils se baladent le soir venu sur la terre ferme. En effet intéressons nous au seul Crapaud commun (Bufo bufo) et nous nous apercevrons vite que sur un secteur précis et pendant une période donnée, des centaines d’individus risquent leur vie en traversant une route. Un bon moyen d’éviter le carnage c’est par exemple de lever le pied lorsque nous roulons de nuit et par temps pluvieux. De plus si cette bonne attitude est complétée d’aménagements efficaces comme la création de Crapauducs, petits tunnels écologiques guidant les amphibiens vers des passages souterrains, alors là me direz-vous, « coa » de mieux !

Martin Pêcheur
Martin Pêcheur

L’oiseau à trois pattes…

Immobile sous ce vieil arbre, la tête penchée en arrière pour mieux fixer des yeux la branche morte qui se trouve à la cime, je guette le mouvement de cet oiseau pour l’identifier à coup sûr. Si je ne m’abuse il s’agit du plus petit de sa « catégorie » et il n’est pas si commun de le croiser au cours d’une balade. Voilà, il vient de se décaler légèrement. Je vois maintenant sa silhouette à « trois pattes », caractéristique. C’est sûr c’est bien lui, accroché à l’écorce grâce à ses longs doigts griffus et à la robustesse du plumage de sa queue qui, appuyée contre le tronc lui sert réellement de troisième point d’appui. Le Pic épeichette (Dryobates minor) grand comme un moineau n’en est pas moins un digne représentant de la famille des Picidés et par conséquent, parfaitement adapté à la vie arboricole. Gourmand de larves xylophages il se nourrit sur les parties hautes des arbres laissant ainsi les étages inférieurs à ses cousins plus volumineux comme le Pic épeiche (Dendrocops major) ou le Pic vert (Picus viridis).

L’automne, la saison des fraises…

Oui, vous avez bien lu ! C’est en automne que les fruits de l’arbre à fraises sont prêts à être dégustés. L’arbre à fraises ! Mais qu’es acquo ? C’est tout bêtement l’autre nom de l’Arbousier (Arbutus unedo) qui porte bien des arbouses et non pas des fraises… C’est en réalité un arbuste, très utile en cette saison puisqu’il fournit le couvert aux animaux frugivores et omnivores. Ceux qui l’observent pour la première fois, sont surpris de constater sur les branches la présence simultanée de fleurs et de fruits… La réponse à ce mystère est somme toute assez simple, les fleurs sont de l’année et les fruits de celle passée. Il leur faut en effet un an pour se développer totalement. Alors pourquoi arbre à fraises ? Pour expliquer cela regardons vers un autre continent : l’Asie. Il existe là-bas un fruit nommé fraise chinoise qui ressemble, hormis la couleur, énormément à notre arbouse méditerranéenne.